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L'allaitement : quel effet sur le retour de couches ?

Publié le 23 octobre 2021 — 8 Min de lecture

SOMMAIRE

    Alors quels sont les symptômes du retour de couches ? Quel est le lien entre retour de couches et allaitement ? Et à quel moment la femme doit-elle envisager de reprendre une contraception, pour se protéger d’une nouvelle grossesse ?

    Qu’est-ce que le retour de couches ?

    Le retour de couches correspond à l’arrivée des premières menstruations après l’accouchement. Le retour des règles ne doit pas être confondu avec les lochies.

    Retour de couches ou lochies ?

    Le retour de couches ne doit pas être confondu avec les lochies, ces saignements et pertes de membranes qui suivent les premiers jours de l’accouchement. Ces écoulements proviennent de la plaie placentaire, c’est-à-dire de l’endroit où le placenta était implanté dans l’utérus. Les lochies peuvent durer une quinzaine de jours environ, jusqu’à disparaître complètement. Si la femme allaite, elles sont en général moins longues. L’ocytocine sécrétée pendant l’allaitement a en effet tendance à déclencher ou à accentuer les contractions utérines, qui participent à évacuer les lochies.

    Les lochies contiennent du sang et du mucus cervical, ainsi que des caillots (résidus utérins) et des débris de placenta. Ces pertes et écoulements changent d’aspect au fur et à mesure des jours, et deviennent de moins en moins abondants. Juste après l’accouchement, il s’agit d’un liquide sanguinolent (qui ressemble aux règles). Quelques jours après, les lochies deviennent rosées, puis brunâtres (le sang a vieilli et s’est oxydé). Une nouvelle phase de saignement peut ensuite survenir : c’est ce que l’on appelle le « petit retour de couche ». Provoqués par la chute hormonale, ces saignements peuvent durer un mois.

    Il est recommandé de ne pas se baigner et d’éviter d’utiliser des tampons pendant ces périodes de saignements. En effet, le col de l’utérus n’est pas complètement refermé et peut consister une porte d’entrée idéale pour certains germes et agents infectieux. Il est donc préférable d’utiliser de larges serviettes hygiéniques.

    Le retour des règles après l’accouchement

    Plusieurs semaines après l’accouchement (et après la fin des lochies), le corps de la femme retrouve ses taux d’hormones habituels : il recommence à sécréter des œstrogènes et de la progestérone, comme avant la grossesse. Après la naissance du bébé, la prolactine revient également à un niveau normal si la mère n’allaite pas. Ce retour à la normale déclenche la réapparition des cycles menstruels. C’est ce que l’on appelle le retour de couches.

    Les premières règles après l’accouchement sont souvent plus abondantes que les règles habituelles. Elles durent également plus longtemps. Leur volume diminue ensuite progressivement, au fur et à mesure des cycles. Les médecins recommandent en général d’éviter d’utiliser des tampons au cours des premiers cycles. Moins confortables que les serviettes hygiéniques, ils ont également tendance à favoriser les infections (ils sont d’ailleurs fortement déconseillés dans les semaines qui suivent une épisiotomie).

    En général, le retour des règles survient 6 à 8 semaines après l’accouchement chez les femmes qui ne donnent pas le sein. Mais le retour de couches peut être beaucoup plus tardif en cas d’allaitement.

    Quel est l’effet de l’allaitement sur le retour de couches ?

    Sécrétée à des taux élevés pendant la grossesse et l’allaitement, la prolactine bloque l’ovulation et retarde le retour de couches. Mais la femme peut tout à fait ovuler - et donc tomber enceinte - pendant qu’elle allaite.

    Un retour de couches différé

    Pendant la grossesse, le corps de la femme produit plus de prolactine qu’en temps normal (le taux hormonal augmente progressivement). Le rôle principal de cette hormone est de déclencher et de maintenir la lactation, après la naissance de l’enfant.

    Lorsque la femme allaite, le taux de prolactine reste toujours très élevé. La succion de l’enfant et les tétées stimulent en effet la sécrétion de prolactine par l’hypophyse, et la production de lait. Or, cette hormone a pour effet de bloquer le cycle menstruel et l’ovulation chez la femme. En cas d’allaitement, le retour de couches est donc différé. Les règles réapparaissent à la fin de la période d’allaitement, voire parfois plusieurs mois après.

    En revanche, si la femme n’allaite pas, le taux de prolactine revient plus vite à des valeurs normales (l’hormone est présente en faible quantité). Le retour de couches survient alors plus rapidement.

    Une ovulation précoce possible

    Si le retour des cycles menstruels (et des règles) ne survient en général qu’après la période d’allaitement, il est néanmoins possible de tomber enceinte pendant ce laps de temps. En effet, certaines femmes ovulent avant leur retour de couches. L’allaitement ne constitue donc pas un contraceptif fiable à 100 % et la date du retour de couches ne détermine pas la date du retour de la fertilité.

    La méthode MAMA (Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée) n’est fiable qu’à condition de respecter trois critères (fiabilité de 98 %). La femme ne doit nourrir son bébé qu’au sein (allaitement exclusif), sans lui donner aucun biberon de lait artificiel ni aliment solide. Les tétées doivent être données à la demande, jour et nuit, avec un minimum de 6 tétées par jour (6 heures maximum entre 2 tétées la nuit, et 4 heures le jour).

    Cette méthode de contraception naturelle ne peut être envisagée qu’en l’absence totale du retour de couches, et uniquement pour les femmes ayant des bébés de moins de 6 mois. Ainsi, la mère peut tout à fait retomber enceinte lorsqu’elle allaite un bébé qui fait ses nuits, qui mange des aliments solides ou qui a plus de 6 mois.

    Si toutes ces conditions ne sont pas réunies, il est recommandé à la femme allaitante d’envisager une contraception adaptée pour éviter une grossesse non désirée.

    Quelle contraception après l’accouchement ?

    L’ovulation ne pouvant pas avoir lieu dans les 21 jours qui suivent l’accouchement, il n’est pas nécessaire de recourir à une contraception pendant cette période. En revanche, même lorsque la femme allaite, elle peut ensuite tomber enceinte.

    Les particularités de la contraception post-partum

    Le choix de la contraception post-partum doit prendre en compte plusieurs critères :

    • l’éventuel allaitement maternel ;

    • le risque thromboembolique veineux : il est plus important dans les semaines qui suivent l’accouchement ;

    • les éventuelles pathologies dont la mère a souffert pendant sa grossesse (diabète, prééclampsie, phlébite…).

    Une fois ces éléments étudiés, le médecin peut prescrire à la femme qui vient d’accoucher la méthode contraceptive la plus adaptée. Il la renseigne sur son mode d’emploi, son efficacité, sa durée d’utilisation et ses contre-indications. Si la femme allaite, elle doit également être informée des risques et des effets indésirables de certains modes de contraception (sur l’enfant ou sur le volume de lait qu’elle produit, notamment).

    Quelle méthode contraceptive privilégier ?

    Plusieurs modes de contraception peuvent être prescrits dans les semaines qui suivent l’accouchement, pour se protéger au moment de la reprise des rapports sexuels :

    • les méthodes hormonales - les estroprogestatifs : elles se présentent sous différentes formes (pilule, anneau vaginal ou patch). Les estroprogestatifs ne sont pas recommandés chez les femmes qui allaitent, pendant les 6 mois qui suivent l’accouchement. Ils peuvent être prescrits aux femmes qui n’allaitent pas, et utilisés à partir de 42 jours après l’accouchement (21 jours en l’absence de facteurs de risque) ;

    • les méthodes hormonales - les progestatifs : il peut s’agir d’une pilule contraceptive, d’un implant ou d’une injection intramusculaire. Les progestatifs peuvent être prescrits chez la femme 21 jours après son accouchement (qu’elle allaite ou non), si elle ne présente pas de contre-indications ;

    • les DIU (dispositifs intra-utérins, ou stérilet) : il peut s’agir d’un DIU au cuivre ou au lévonorgestrel. Ils peuvent être prescrits à partir de 4 semaines après la naissance de l’enfant, que la femme allaite ou non. Avant la pose d’un DIU, le médecin procède à l’évaluation du risque infectieux. La pose d’un stérilet est en revanche déconseillée juste après l’accouchement. En effet, l’utérus n’a pas retrouvé son volume normal ;

    • les méthodes barrières (préservatif masculin et féminin, cape cervicale et diaphragme, spermicides) : le préservatif masculin est le seul mode de contraception qui protège également contre les IST (infections sexuellement transmissibles), y compris contre le sida. Les diaphragmes, capes cervicales et spermicides ne doivent pas être utilisés avant 42 jours après l’accouchement. Parfois difficiles à utiliser, ces méthodes restent moins efficaces que la contraception hormonale ou qu’un DIU ;

    • les méthodes naturelles : en plus de la méthode MAMA, plusieurs autres modes de contraception naturelle peuvent être envisagés (retrait, abstinence périodique, auto-observation de la glaire cervicale, prise de la température…). Elles présentent néanmoins un taux d’échec élevé. Elles ne peuvent être utilisées qu’après le retour de couches (après trois cycles menstruels, et des cycles réguliers).

    Sources :

    Parents.fr - Le retour de couches : qu'est-ce que c'est ?

    lllfrance.org : Allaitement et fertilité

    Naitreetgrandir.com : Fertilité et allaitement: réponses à 3 questions courantes

    Parents.fr -Lochies : tout savoir sur ces saignements post-accouchement

    HAS : Contraception chez la femme en post-partum

    L'allaitement : quel effet sur le retour de couches ?

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