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Asthme et sport, incompatibles ?

Publié le 15 septembre 2021 — 5 Min de lecture

SOMMAIRE

    Asthme et sport, liaison dangereuse ou vertueuse ? On le sait, les crises d’asthme peuvent être déclenchées (entre autres) par un effort physique. Il n’est dès lors pas rare que les personnes asthmatiques ne fassent pas de sport. À tort !

    Parmi les nombreux bénéfices du sport, il en est un qui concerne spécifiquement les personnes asthmatiques : l’optimisation des capacités respiratoires. Seule condition préalable, un asthme bien contrôlé. Il faut donc, avant de se lancer dans une activité sportive, consulter un médecin qui jugera de la pertinence de la mise en place d’un traitement de fond.

    Asthme : le sport est recommandé

    Pour les personnes asthmatiques, pratiquer régulièrement une activité physique est en fait recommandé. Pourquoi ? Tout simplement parce cela permet de maintenir des capacités respiratoires optimales et d’apprendre à mieux gérer sa respiration. Sans oublier les vertus apaisantes du sport et son impact sur le poids. Les personnes obèses ou en surpoids ont en effet un risque accru de développer un asthme plus sévère.

    Quelques médaillés célèbres

    Mark Spitz est l’un des nageurs olympiques atteints d’asthme les plus célèbres. À lui seul, il a remporté neuf médailles d’or en natation. Dawn Fraser a commencé la natation à 10 ans pour combattre l’asthme et est devenue triple championne olympique. Jackie Joyner-Kersee souffrait d’asthme sévère et d’allergies au moment de sa gloire en épreuve d’athlétisme. Elle a pourtant remporté trois médailles d’or aux J.O., une d’argent et une de bronze(2).

    Sport et asthme : des précautions nécessaires

    Quelques précautions sont toutefois de mises si vous souhaitez rechausser vos baskets.

    • se réhabituer à l’effort progressivement. Inutile de courir un marathon 3 jours après s’être remis à la course à pied !

    • s’échauffer plus progressivement et plus longtemps. Faire un tour supplémentaire de piste avant un match en commençant doucement puis en accélérant peu à peu prépare, par exemple, les bronches et limite un maximum les tracas.

    • Augmenter très graduellement l’intensité de l’activité, ne pas arrêter brutalement, et respirer par le nez plutôt que par la bouche.

    • prendre un bronchodilatateur à action rapide, la fameuse « Ventoline » utilisée contre la crise d’asthme. Employé en prévention, dans les minutes qui précèdent l’activité physique, il permet de maintenir les bronches ouvertes durant l’effort. Bon à savoir : leur durée d’action est généralement de 4 heures.

    • Bien s'hydrater

    • Surveiller la météo et la qualité de l’air

    S’adapter au contexte

    Les facteurs déclencheurs d’une crise d’asthme diffèrent d’une personne à l’autre. Il est donc important de savoir les identifier pour mieux les éviter. Mais ce sont surtout les conditions environnementales (pollution, pollen, météo…) qui peuvent accentuer l’inflammation des bronches.

    Par exemple, dehors, en hiver, veillez à réchauffer l’air inhalé en portant une écharpe et en respirant par le nez. Résistez au réflexe d’inhaler par la bouche : cela conduit l’air froid directement dans les bronches, créant une contraction qui réduit le passage de l’air ; en outre, les polluants volatils ne sont alors pas filtrés par le nez et peuvent accentuer l’inflammation.

    Quelle activité ?

    Mieux vaut privilégier les sports demandant un effort progressif, discontinu ou d’intensité moyenne : vélo, natation (si le chlore ne vous gêne pas), roller, escalade, marche rapide, tennis, volley-ball, arts martiaux, yoga (en salle ventilée et non poussiéreuse), etc.

    Les sports sur grand terrain, demandant un effort prolongé (foot, rugby…), ou le ski de fond, sont peu recommandés ; déconseillée aussi, sauf accord médical, la plongée sous-marine avec bouteilles. De façon générale, tenez toujours compte de votre forme du jour, car fatigue ou rhume peuvent affecter la fonction respiratoire.

    Plonger avec de l’asthme, c’est possible ?

    Longtemps, la plongée sous-marine avec bouteilles a été contre-indiquée pour les asthmatiques, mais le recul d’expérience et les nombreuses études de cas ont adouci la position des médecins. Elle est aujourd’hui autorisée sous conditions très strictes et requiert une évaluation par un pneumologue en lien avec la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM)(3).

    Pour plonger, l’asthme…

    • doit être mineur et intermittent ;

    • doit présenter moins de 6 crises mineures/an ;

    • ne doit jamais avoir débouché sur une crise sévère ;

    • ne doit pas se déclencher au froid ou à l’effort ;

    • ne doit pas nécessiter de traitement de fond ;

    • doit présenter une spirométrie normale (mesure de capacité respiratoire).


    Ne plonger qu’à distance d’une crise faible (48 heures à 7 jours).

    Faites-vous accompagner !

    Afin d’aider les personnes souffrant d’asthme chronique, votre pharmacien, partenaire santé de proximité, peut assurer un accompagnement individuel de suivi. Demandez conseil à votre pharmacien.



    L’Assurance maladie a aussi créé l’application Asthm’activ (gratuite sur App Store et Google Play) et propose le service d’accompagnement Sophia, accessible selon certains critères.

    10 minutes
    C'est la durée minimum d’échauffement recommandée pour les asthmatiques.

    (Source : Institut de recherche du bien-être de la médecine et du sport santé, irbms.com, 2019)

    Du sport de haut niveau

    L’asthme n’est donc absolument pas une contre-indication au sport, qui peut même être pratiqué à un haut niveau. La preuve : 10 à 15 % des athlètes olympiques qui souffrent d’asthme de façon chronique(1). Les exemples de sportifs de haut niveau qui souffrent d’asthme ne manquent pas ! Vous n’avez décidément plus aucune excuse pour ne pas vous y (re)mettre !

    Sources

    • (1) European Lung Foundation, cité par lesouffle.org, dossier « L’asthme »

    • (2)EM Consulte, L’asthme chez l’athlète, Revue des maladies respiratoires, vol. 20, pp. 385-397, n° 3-C1-juin 2003.
      www.emconsulte.com/rmr/article/143549. Consulté le 20 octobre 2020.

    • (3)FFESSM, Recommandations pour la plongée chez les asthmatiques, Dr B. Lemmens et Al, 2014 : medical.ffessm.fr/wpcontent/uploads/argumentaireasthme-2014.pdf. Consulté le 20 octobre 2020.

    • Interview du Dr Anne Prud'homme, chef du service de pneumologue et de maladies respiratoires à l'hôpital de Bigorre à Tarbes et à l’association Asthme et Allergies.


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