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Fausse-route alimentaire : comment réagir ?

Publié le 06 juillet 2023 — 8 Min de lecture

SOMMAIRE

    Qu’est-ce qu’une fausse-route alimentaire ?

    Il arrive parfois qu’un aliment solide ou liquide passe dans les voies respiratoires de manière accidentelle : on parle alors de fausse-route alimentaire. S’il peut rester rapide et sans danger, cet accident peut aussi être plus grave. Il faut donc savoir reconnaître les signes d’un étouffement sévère, pour pouvoir réagir de manière efficace et suivre le bon protocole.

    Le passage d’un aliment dans les voies aériennes

    Si elle ne fait pas attention, une personne peut facilement s’étouffer avec un petit objet du quotidien (une vis ou une cheville qu’elle tient entre ses dents pendant qu’elle bricole, par exemple). Les bébés et les jeunes enfants peuvent quant à eux avaler de travers les petits jouets ou les objets à leur portée (une bille ou une petite pile ronde, un capuchon de stylo ou une pièce de monnaie…).

    Mais il est aussi possible de s’étouffer avec un aliment. Un repas pris trop rapidement, des difficultés à mâcher et à avaler, un éclat de rire ou un mouvement de surprise en mangeant… et c’est la fausse-route alimentaire ! Plusieurs types d’aliments peuvent obstruer les voies aériennes et gêner (ou bloquer) la respiration : un aliment liquide ou solide, un morceau de viande trop gros ou, au contraire, un aliment de petite taille (une cacahuète ou une pistache, un bonbon rond et dur, un grain de raisin…).

    Au lieu de rejoindre l’œsophage et l’estomac, l’aliment se coince dans le pharynx, le larynx, la trachée ou l’une des deux bronches. Il bloque les voies respiratoires, et empêche l’air extérieur de rejoindre les poumons. La personne ne peut plus respirer : elle s’étouffe.

    Un étouffement partiel ou total

    Si l’aliment ne bloque pas totalement le passage de l’air vers les poumons (obstruction partielle), la personne peut continuer à respirer. Elle présente néanmoins une gêne respiratoire, tousse violemment et sa respiration est bruyante. Dans ce cas, il ne faut effectuer aucune manœuvre de secours (au risque de déplacer l’aliment, et de provoquer une obstruction totale des voies aériennes). Si la toux ne permet pas de déloger le corps étranger, il faut conduire la personne à l’hôpital, en position assise.

    Si l’aliment bloque totalement les voies aériennes, la personne ne peut plus parler ni respirer. Elle tousse d’abord violemment, puis devient agitée et se tient la gorge avec les deux mains. Si le corps étranger n’est pas expulsé rapidement par la toux, la personne peut émettre des sons aigus et sifflants. Son rythme cardiaque s'accélère, elle s’asphyxie, devient bleue et perd connaissance.

    Chez le nourrisson et le bébé, les symptômes de la fausse-route et de l’étouffement sont généralement moins faciles à reconnaître. En cas d’asphyxie totale, l’enfant ne tousse plus et ne respire plus. Il est pâle. Ses lèvres et les extrémités de ses mains et de ses pieds deviennent bleues. Il peut s’agiter ou, au contraire, rester immobile. Si l’aliment n’est pas expulsé, il finit aussi par s’évanouir.

    Comment réagir en cas de fausse-route ?

    Il est important de savoir comment réagir en cas de fausse-route alimentaire, pour pouvoir aider la personne à débloquer ses voies aériennes. Prodiguer les gestes de premiers secours peut en effet permettre d’éviter de graves conséquences (l’asphyxie, avec des dommages au cerveau et des conséquences parfois mortelles).

    La technique des claques

    Si un adulte ou un enfant de plus de deux ans est victime d’une fausse-route devant vous, vous devez d’abord utiliser la technique des claques. L’objectif est de déloger l’aliment qui bloque la respiration, pour éviter l’asphyxie.

    Placez-vous sur le côté de la personne, un peu en arrière. Penchez-la vers l’avant, et soutenez sa poitrine dans l’une de vos mains (cela évite au corps étranger de s’enfoncer encore plus dans la trachée). Avec le talon de votre autre main, donnez des claques fermes et vigoureuses entre ses deux omoplates (au milieu du haut du dos). Entre chaque claque, vérifiez l’état de la personne et si l’objet a été expulsé (par un mouvement de toux). Si ce n’est pas le cas, donnez une autre claque (avec un maximum de 5 claques dans le dos).

    La manœuvre de Heimlich

    Si les claques dans le dos n’ont pas d’effet, il faut passer aux compressions abdominales. Réservée aux adultes et aux enfants à partir de deux ans, la manœuvre de Heimlich suppose d’abord de mettre la personne qui s’étouffe debout.

    Placez-vous derrière elle et entourez sa taille à l’aide de vos deux bras (au niveau de la partie supérieure de son abdomen). Faites en sorte que son buste s’incline légèrement vers l’avant. Avec l’une de vos mains, formez un poing : placez ce poing fermé au centre de l’abdomen de la personne, entre le nombril et l’extrémité inférieure de son sternum. Plaquez ce poing contre son ventre à l’aide de votre autre main, et enfoncez-le brusquement et fortement vers vous et vers le haut. Lorsque vous effectuez ce geste, vous devez avoir l'impression de soulever la personne. Répétez ce mouvement 5 fois, et vérifiez à chaque fois son efficacité.

    Si les compressions permettent de dégager les voies respiratoires, arrêtez la procédure. Dans le cas contraire, vous devez continuer en alternant entre les deux techniques, jusqu’à la désobstruction ou l’arrivée des secours : effectuez à nouveau 5 claques dorsales, puis 5 compressions abdominales, 5 claques dorsales, puis 5 compressions abdominales…

    À quel moment prévenir les secours ?

    Si les gestes de premiers secours ne suffisent pas à déloger l’aliment qui bloque la respiration, vous devez prévenir les services médicaux d’urgence. Vous pouvez joindre les secours au 15 (Samu) ou au 112 (numéro d’urgence européen), depuis un téléphone fixe ou mobile. Vous pouvez également appeler les pompiers, au 18. Ces numéros sont des numéros d’urgence : ils sont gratuits, et vous pouvez les joindre même si le téléphone est bloqué ou sans crédit.

    Pour faciliter l’intervention des secours, pensez à parler calmement. Les informations doivent être précises : transmettez votre nom et votre numéro de téléphone, le nom de la victime et l’adresse où elle se trouve (avec le code d’accès, le bâtiment, l’étage et la porte de l’appartement s’il s’agit d’une résidence ou d’un immeuble). Décrivez la situation de la manière la plus claire possible : circonstances de la fausse-route alimentaire, symptômes et état actuel de la victime, gestes de premiers secours effectués… Ne raccrochez que lorsque le régulateur vous le demande.

    En attendant les secours, n’allongez pas la personne qui s’étouffe (sauf si elle est inconsciente, et que vous devez commencer les gestes de réanimation cardio-pulmonaire). Laissez-la prendre la position qu’elle préfère, de manière instinctive (en général, la personne s’assoit et se penche vers l’avant). La personne est prise en charge dès l’arrivée des secours. Elle est généralement hospitalisée, pour vérifier que l’aliment solide a été totalement expulsé, pour le retirer ou pour réaliser des examens complémentaires (en cas de fausse-route avec un aliment liquide, notamment).

    La fausse-route chez le bébé : une prise en charge spécifique

    Chez les nourrissons et les enfants de moins de 2 ans, on utilise la manœuvre de Mofenson en cas de fausse-route alimentaire. Les secours doivent quant à eux être alertés dès les premiers signes d’étouffement et d’asphyxie (appel gratuit, depuis le 15 ou le 112).

    Les gestes de premiers secours ne doivent être effectués que si l’enfant ne peut plus du tout respirer, à cause d’une obstruction totale de ses voies respiratoires. S’il tousse, s’il pleure ou s’il crie, il faut attendre l’arrivée des secours.

    Pour la technique des 5 claques, vous devez vous asseoir. Placez l’une de vos mains sur le ventre et le thorax de l’enfant, avec vos doigts de part et d’autre de sa mâchoire. Installez l’enfant sur l’une de vos cuisses, à plat ventre et la tête dirigée vers le bas, au-delà de votre genou. Avec votre autre main, tapez vigoureusement entre ses omoplates. Si l’objet n’est pas délogé, répétez ce geste 5 fois d’affilée.

    Si cette première manœuvre ne fonctionne pas, vous devez passer aux compressions thoraciques. Prenez l’enfant et retournez-le sur le dos : placez-le sur votre avant-bras, appuyé sur votre cuisse. Soutenue dans l’une de vos mains, sa tête doit être plus basse que son corps (il faut se servir de la gravité). Vous devez ensuite réaliser des compressions au niveau de son sternum, à l’aide de deux doigts. Là encore, répétez ce geste 5 fois. Si l’obstruction persiste, continuez à alterner entre 5 claques et 5 compressions thoraciques, jusqu’à ce que les secours arrivent. L’enfant est ensuite hospitalisé.

    Comment prévenir les fausse-routes ?

    Certaines mesures simples permettent d’éviter les fausse-routes alimentaires. Pour prévenir l’étouffement chez le bébé et le jeune enfant, il est par exemple recommandé de ne jamais donner d’aliments de petite taille à un bébé (cacahuètes, pistaches, petits bonbons ronds et durs…), et de toujours les garder hors de sa portée. L’enfant doit apprendre à manger assis (jamais en courant), dans le calme et sans parler. Vous devez aussi lui apprendre à bien mâcher avant d’avaler.

    Pour éviter les fausse-routes alimentaires chez les adultes et les personnes âgées, il faut aussi prendre ses repas dans le calme, assis, et à table. Si la personne âgée a du mal à mâcher ou à avaler, il faut découper ou mixer les aliments trop gros ou trop durs. Les médicaments doivent être avalés avec de l’eau, et les prothèses dentaires bien entretenues et régulièrement vérifiées.

    Sources :

    https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/corps-etrangers/inhale

    https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/lésions-et-intoxications/premiers-secours/suffocation

    https://www.pompiers.fr/grand-public/prevention-des-risques/risques-detouffement-ou-de-suffocation

    Fausse-route alimentaire : comment réagir ?

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