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Le TDAH chez l'enfant

Publié le 08 septembre 2021 — 8 Min de lecture

SOMMAIRE

    Le TDAH est-il une vraie maladie ?

    « Si l’on considère qu’une maladie est « un état » qui provoque une véritable souffrance au quotidien et qui pose problème dans la vie de tous les jours – comme une insuffisance respiratoire peut empêcher une personne de monter les escaliers par exemple – alors, oui. Mais nous préférons parler de trouble car il s’agit plutôt d’un dysfonctionnement du cerveau qui a un impact sur la qualité de vie du patient. » Les explications du Dr Hervé Caci, spécialiste du TDAH et pédopsychiatre au CHU Lenval de Nice.

    Quels symptômes ?

    Versatile, le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité se manifeste, selon les cas, par un problème d’inattention ou une hyperactivité motrice accompagnée d’impulsivité. Il peut aussi associer les deux symptômes. Si tous les chercheurs ont désormais écarté la piste du manque affectif ou de problèmes psychosociaux, les origines du TDAH sont encore mal connues. Certaines hypothèses penchent pour un déséquilibre des neurotransmetteurs régissant l’envoi des signaux entre les cellules nerveuses du cerveau, d’origine héréditaire ou lié à un retard de maturation du cerveau à la naissance. D’autres statuent sur une simple spécificité de la constitution du cerveau, à l’instar de la gaucherie. La plupart des études convergent néanmoins vers une origine multifactorielle.


    Un cerveau en activité permanente

    Le cerveau « bouillonne »… La moindre pensée devient prétexte à une rêverie. « Il peut s’agir d’une idée qui survient sans crier gare comme nous en avons tous. Mais pour quelqu’un qui souffre de TDAH, cette idée fait perdre le fil. » L’hyperactivité se traduit donc par une difficulté à filtrer les informations. En classe, Marie, 12 ans, est par exemple incapable de ne pas prêter attention à son camarade qui lui fait des grimaces ou à ce joli papillon coloré. Quant à ce que dit le professeur…

    Avec ou sans Hyperactivité ?

    TDAH ne rime pas forcément avec hyperactivité. Il est par exemple possible d’être atteint d’un Trouble Déficitaire de l’Attention sans Hyperactivité.
    • TDAH sans hyperactivité
    Paul vient d’avoir 16 ans et souffre d’une forme de Trouble Déficitaire de l’Attention sans Hyperactivité : « Je suis souvent en train de rêver et j’éprouve beaucoup de difficultés à rester concentré sur une tâche. Je suis capable de rester le regard dans le vide pendant une vingtaine de minutes sans m’en rendre compte ».

    • TDAH avec hyperactivité
    Pour David par contre, c’est une autre histoire comme l’explique son papa : « Il ne tient pas en place lorsqu’il doit faire ses devoirs. Il peut se montrer impulsif, agir sans réfléchir aux conséquences, nous coupe souvent la parole et se bagarre sans arrêt… »


    Le TDAH, un trouble des gènes

    Il n’est pas rare de voir plusieurs cas dans une même famille. Le TDAH serait-il une maladie génétique ? Certains gènes joueraient un rôle dans l’apparition de ce trouble. On estime que parmi les apparentés au premier degré (parents, frères, soeurs, enfants) d’une personne en souffrant, 40 % seraient atteints du même trouble. Il n’est pas rare qu’un papa découvre qu’il était TDAH quand le diagnostic est posé chez son fils. Mais l’hérédité n’explique pas tout !

    Quand et comment poser le diagnostic ?

    Bien que se manifestant généralement dès la petite enfance, parfois même avant l’âge de 2 ans, le TDAH n’est souvent repéré qu’à l’entrée à l’école primaire du fait de son impact sur le parcours scolaire de l’enfant. La persistance d’un ou plusieurs symptômes – hyperactivité, inattention et impulsivité – durant au moins six mois et dans au moins deux contextes différents (famille, école, loisirs), associés ou non à d’autres troubles, constitue le principal signal d’alerte. En cas de doute, il est impératif de consulter un médecin. Il pourra écarter les éventuels problèmes de vue, d’audition, d’alimentation, de sommeil et orienter l’enfant, si besoin, vers un spécialiste. Ce dernier établira le diagnostic en assurant les examens complémentaires nécessaires – psychologiques et psychomoteurs – et décidera du traitement à mettre en oeuvre : médication, thérapie comportementale, cognitive ou familiale…

    Accompagner son enfant au quotidien et à l’école

    L’hyperactivité, les difficultés de concentration ou l’impulsivité qui accompagnent le TDAH sont totalement indépendants de la volonté de l’enfant. Il est donc inutile, voire contre-productif, de lui demander de maîtriser son comportement pour se faire mieux accepter de ses petits camarades de classe ou de son enseignant. Le meilleur moyen de l’aider est, au contraire, de l’encourager et de valoriser ses progrès. Il est possible aussi d’essayer de limiter les sources de distraction ou d’excitation, en installant l’enfant près de camarades calmes, à côté de l’enseignant, en lui faisant systématiquement reformuler les consignes, en vérifiant la prise des devoirs…

    L’établissement d’un dialogue régulier entre la famille et l’équipe pédagogique est essentiel pour favoriser son épanouissement social et scolaire.

    Une prise en charge multidisciplinaire

    La solution ? Une prise en charge multidisciplinaire : traitements médicamenteux, psychothérapie cognitive, orthophonie… Autant d’angles d’attaque qu’il est utile de combiner. « La rééducation cognitive permet par exemple de travailler des aspects très pratiques liés au trouble de l'attention », explique le Dr Caci. « Le psychologue coache très concrètement l’enfant sur certaines difficultés : l’organisation, la planification, et la structuration du travail scolaire… et l’aide à établir des stratégies adéquates. »

    Vivre avec un enfant TDAH : Le rôle important des parents

    Les parents ont aussi leur rôle à jouer ! « En tant que parents, il faut pouvoir établir des règles à la maison : heure de coucher, utilisation de l’écran (télévision, ordinateur…). Mais il faut aussi savoir se montrer plus souple et encourager l’enfant », explique Christine Iltis, mère d’un enfant atteint de ce trouble de l'attention et Présidente de l’association TDAH-PACA.

    Une maman soulagée

    Au quotidien, les parents d’enfants TDAH rencontrent toutefois un autre problème : l’accès aux soins. « Il n’est pas toujours aisé de trouver des médecins ou des psychologues spécialisés dans le TDAH dans sa région », explique le Dr Caci. « C’est d’autant plus dommageable qu’une bonne prise en charge peut vraiment changer la donne. » Confirmation de Christine Iltis : « Depuis qu’il est correctement pris en charge, mon fils ne se fait plus enguirlander sans arrêt par ses profs, il est plus concentré, il a plus d’amis », sourit-elle. Bref, une maman soulagée.


    Quel traitement pour l’enfant ?

    Explications du Dr Hervé Caci, spécialiste du TDAH et pédopsychiatre au CHU Lenval de Nice.
    Les processus biologiques à l’origine du TDAH ont-ils été identifiés ?
    « Nous connaissons certains de ces mécanismes mais pas tous. Nous savons que certaines zones du cerveau sont particulièrement impliquées dans le TDAH, le lobe frontal notamment. Ce trouble serait également lié à un déficit de certains neurotransmetteurs, des composés chimiques qui dans le cerveau permettent la circulation de l’information entre les neurones. »

    Comment fonctionnent les traitements médicamenteux ?
    « Les différents traitements médicamenteux visent précisément à agir sur ces déficits en neurotransmetteurs et à les combler. Ils permettent ainsi de rétablir un fonctionnement « normal » du cerveau. » Les explications du Dr Hervé Caci, spécialiste du TDAH et pédopsychiatre au CHU Lenval de Nice.

    Que peut-on attendre de ces traitements ?
    « Ces traitements permettent notamment de remettre en marche les mécanismes d’inhibition qui font défaut chez les personnes atteintes de TDAH. La personne retrouve alors sa capacité à organiser ses pensées, ses actions, à écouter, à se concentrer, à mémoriser…
    Au niveau moteur, elle parvient à mieux contrôler son agitation. Le traitement est une réussite dans 80 à 90 % des cas. » Les explications du Dr Hervé Caci, spécialiste du TDAH et pédopsychiatre au CHU Lenval de Nice.


    Des troubles associés
    Différents troubles sont fréquemment associés au TDAH :
    Plus d’un tiers des enfants hyperactifs souffriraient également de troubles de l’apprentissage : dyslexie (un trouble de l’apprentissage de la lecture), dysgraphie (un trouble de l’apprentissage de l’écriture) par exemple.
    Un peu plus d’un quart des enfants hyperactifs présenteraient également des symptômes d’anxiété et/ou de dépression.

    TDAH, LES PARENTS SE MOBILISENT


    La connaissance de la pathologie permet une meilleure prise en charge.
    Les conséquences sur la vie sociale
    Le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité affecte 5 % des enfants d’âge scolaire et environ 3 % des adolescents et des adultes. Ce trouble débute dans la petite enfance, presque toujours avant l’âge de 5 ans et fréquemment avant l’âge de 2 ans(1). L’âge moyen du diagnostic par un spécialiste se situe à 9 ou 10 ans(2). L’impulsivité des enfants TDAH les expose à un risque élevé de comportements antisociaux. Elle les amène bien souvent à agir, parfois avec violence, avant de réfléchir. Ils pâtissent alors d’un rejet de la part de leurs camarades et des adultes, qui représentent l’autorité.

    > Informer pour agir
    La souffrance des personnes sujettes au TDAH et les conséquences de ce trouble sont d’autant plus importantes que le diagnostic est tardif. C’est pourquoi des parents se sont réunis pour fonder HyperSupers – TDAH France. L’association s’est donné pour objectifs de mieux faire connaître le TDAH, de fédérer les familles et les adultes TDAH et de les accompagner dans la recherche de solutions pour gérer au mieux ce trouble dans la vie quotidienne ou professionnelle, en famille ou à l’école…

    Associations d’aides aux personnes souffrant d’un TDAH

    Différentes associations proposent informations et soutien aux personnes souffrant d’un TDAH, à leurs proches, ainsi qu’à toutes personnes intéressées :
    TDAH-PACA : www.tdah-paca.fr - Tél. : 06 40 62 34 89 - E-mail : contact@tdah-paca.fr
    TDAH France : www.tdah-france.fr

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