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Cancer du sang & Thérapie génique : le traitement révolutionnaire

Publié le 29 novembre 2019 — 5 Min de lecture

SOMMAIRE

    Thérapie génique : le traitement révolutionnaire pour certains cancers du sang

    Désigné par l’association américaine d’oncologie clinique (ASCO) comme l’avancée thérapeutique de l’année, en 2017, la thérapie génique repose sur l’usage des cellules immunitaires du patient souffrant de certains cancers du sang qui, une fois modifiées génétiquement, détruisent les cellules cancéreuses. Ces cellules, dites CAR-T, permettent de soigner des patients arrivés au stade de l’échec thérapeutique.

    Depuis deux ans, les Français (en échec thérapeutique) peuvent avoir accès à ce traitement dans le cadre d’essais cliniques. En France, deux établissements sont, depuis août 2018, référencés comme « centres experts » pour cette thérapeutique : Saint-Louis et Robert-Debré.

    Révolution thérapeutique

    L’enthousiasme n’est pas monnaie courante dans le monde de la recherche médicale. Et c’est le plus souvent avec prudence et circonspection que sont présentés les nouveaux traitements. Mais, avec la récente désignation de deux hôpitaux parisiens autorisés à utiliser les CAR-T cells chez certains de leurs patients atteints de cancers du sang, le cercle français de l’hématologie (1) vient de faire une grande avancée. « Révolution thérapeutique », « paradigme scientifique entièrement nouveau » : le cercle des hématologues est en effervescence. Il faut dire que ces « cellules CAR-T » – ou cellules tueuses anti-cancer – offrent un espoir inédit pour des formes jusqu’ici incurables de cancers. Explications.

    Des cellules transformées en guerrières anti-cancer

    L’immunothérapie génique consiste à prélever les cellules immunitaires de la personne à soigner pour les modifier génétiquement en laboratoire, avant de les réinjecter au patient. Ainsi transformées, ces cellules, baptisées CAR-T – pour Chimeric Antigen Receptor + T, pour lymphocyte T –, sont dotées d’un récepteur qui les rend aptes à reconnaître les cellules cancéreuses et à les détruire tout en se multipliant. L’idée : renforcer les défenses naturelles du malade afin de lutter contre la maladie. Depuis le 10 août 2018, les hôpitaux Robert-Debré et Saint-Louis, à Paris, sont les premiers centres experts français labellisés pour faire ces prélèvements de lymphocytes autologues (aphérèses) puis injecter les cellules transformées.

    Deux pathologies concernées

    Les pathologies ciblées par ce nouveau type de traitement sont au nombre de deux. La première est le lymphome B agressif chez l’adulte, ou lymphome diffus à grandes cellules, qui touche de 3000 à 4000 personnes chaque année(2). Cette forme agressive de cancer des ganglions lymphatiques progresse rapidement. La seconde maladie concernée est la leucémie aiguë lymphoblastique chez les moins de 25 ans. C’est le premier cancer de l’enfant, une forme très agressive de leucémie qui frappe environ 600 personnes par an en France(2).

    Une réponse pour des cas d’impasses thérapeutiques

    Dans ces deux pathologies, certains patients sont en impasse thérapeutique du fait de l’échec des traitements classiques par chimiothérapie et greffe de moelle. Chez ces patients réfractaires aux traitements ou en rechute, ces tout nouveaux traitements donnent des résultats spectaculaires. Il est ainsi possible d’obtenir des rémissions complètes dans la majorité des cas, voire des guérisons chez des patients pourtant entrés en phase de soins palliatifs. Commercialisés aux États-Unis depuis août 2017, les deux premiers médicaments de thérapie génique(3) ont obtenu, en août 2018, un avis positif de l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour une autorisation de mise sur le marché (AMM). En attendant cette AMM, les hôpitaux Saint-Louis et Robert-Debré ont bénéficié d’une autorisation temporaire d’utilisation. Une procédure exceptionnelle.

    Des traitements qui sont encore très coûteux

    Ces traitements révolutionnaires présentent toutefois deux inconvénients majeurs. D’une part, leurs effets indésirables peuvent être sévères, voire mortels. Raison pour laquelle ils ne peuvent être délivrés que dans des établissements bénéficiant d’un service de réanimation. D’autre part, le coût de ces médicaments totalement personnalisés est prohibitif. Aux États-Unis, ils sont facturés entre 373 000 dollars (322 000 euros) et 475 000 dollars (398 570 euros) par patient ! Conscient du problème, l’un des laboratoires ne facture d’ailleurs que les patients qui répondent au traitement dès le premier mois.

    Une concrétisation des espoirs

    Nul doute pour la communauté médicale : on assiste, avec les CAR-T cells, à un basculement sans précédent dans le traitement des maladies graves. En l’espace de quelques décennies, la technique est passée du statut de concept prometteur à celui de solution concrète pour des malades atteints de formes très graves et avancées de cancers. Reste à les sécuriser davantage. Mais l’espoir est grand.

    1 Spécialité médicale dédiée aux maladies du sang et des organes qui contribuent à produire les cellules sanguines.

    2 Source : Société française d’hématologie.

    3 Kymriah (de Novartis) et Yescarta (de Gilead).

    3 questions à … Pr André Baruchel, chef du service d’hémato-immunologie de l’hôpital universitaire Robert-Debré

    En quoi l’immunothérapie par CAR-T est-elle révolutionnaire ?

    Elle permet d’obtenir des rémissions complètes après un mois de traitement, chez des patients dont la situation était désespérée et l’espérance de vie très courte. La toute première patiente traitée aux États-Unis il y a presque sept ans est aujourd’hui guérie. En France, la petite fille qui a inauguré le traitement en juin 2016 en était à sa deuxième rechute réfractaire. Elle est aujourd’hui scolarisée et va très bien. On peut espérer 40 à 50 % de guérison à long terme avec les CAR-T, ce qui est extraordinaire pour des patients relevant des soins palliatifs.

    Les effets secondaires du traitement sont lourds…

    Oui, le traitement induit dans les 14 premiers jours une réaction immunitaire très violente – le syndrome de relargage cytokinique – qui, dans un tiers des cas, impose un passage en réanimation. Nous disposons toutefois d’une arme efficace : un anticorps monoclonal utilisé en rhumatologie (tocilizumab) qui agit parfois de manière spectaculaire en quelques heures. On observe aussi des réactions neurologiques, heureusement rapidement réversibles et ce, sans séquelle.

    Quels sont les enjeux pour l’avenir ?

    L’espoir est de pouvoir utiliser ces médicaments plus tôt, chez des malades moins éprouvés par les traitements classiques. Voire, peut-être, à terme, de remplacer les greffes de moelle et la chimiothérapie très intensive. La recherche avance à grands pas !

    Pour aller plus loin, lire aussi:

    Le myélome : qu'est-ce que c'est ?

    Les leucémies aiguës

    Immunothérapie : cancer, place à l'autodéfense

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