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Suivi gynécologique

La ménopause : quels traitements existent ?

Publié le 17 janvier 2022 — 8 Min de lecture

SOMMAIRE

    Qu’est-ce que la ménopause ?


    La ménopause survient de manière progressive, après une première période de préménopause (qui peut durer entre 2 et 4 ans, voire plus chez certaines femmes). Causée par une diminution de la réserve ovarienne, elle déclenche l’apparition de plusieurs symptômes.

    La diminution naturelle de la réserve ovarienne

    Phénomène naturel, la ménopause survient généralement autour de 50 ans chez la femme. Se traduisant par l’arrêt définitif des règles, pendant 12 mois consécutifs, elle est liée au fonctionnement du cycle ovarien.


    La petite fille vient au monde avec une réserve ovarienne, c’est-à-dire un nombre limité de follicules ovariens (réserve constituée avant sa naissance). Ces petits « sacs » sont situés dans les ovaires et contiennent les cellules reproductrices de la femme (les ovocytes). Lorsque la jeune fille atteint l’âge de la puberté, de nouveaux mécanismes hormonaux se mettent en place, pour lui permettre de procréer. C’est l’apparition des cycles menstruels.


    Les cycles se décomposent en plusieurs phases :

    • la phase folliculaire : sous l’effet de l’hormone folliculo-stimulante (FSH), plusieurs follicules murissent, la muqueuse utérine s’épaissit et la glaire cervicale change d’aspect ;

    • la phase d’ovulation : autour du 14ème jour du cycle, l’un des follicules arrive à maturité, éclate et libère l’ovocyte, devenu un ovule.

    • la phase lutéale : l’ovule se déplace et descend dans l’une des deux trompes de Fallope, pour être potentiellement fécondé par un spermatozoïde (cellule reproductrice de l’homme).


    Si l’ovule est fécondé, il migre dans l’utérus et s’installe dans la paroi utérine (phase de la nidation). Dans le cas contraire, l’endomètre (couche superficielle de la muqueuse utérine) se détache. Son élimination correspond à l’apparition des règles.


    Au fur et à mesure des cycles menstruels, la réserve ovarienne diminue. Lorsque les ovaires ne contiennent plus de follicule ovarien, la production hormonale est modifiée et les menstruations s’arrêtent. C’est l’apparition de la ménopause.

    Quels symptômes ?

    La ménopause provoque l’apparition de différents symptômes, plus ou moins intenses selon les femmes :

    • la modification des cycles menstruels : les règles sont plus ou moins abondantes, plus ou moins longues, et plus ou moins fréquentes ;

    • des bouffées de chaleur (bouffées vasomotrices) : il s’agit du symptôme le plus fréquent. Les bouffées de chaleur se manifestent d’abord par l’apparition de frissons, de tremblements et de vertiges. Une sensation de chaleur intense survient ensuite (de la poitrine au cou), accompagnée de rougeurs au niveau du visage. Cette « bouffée » peut être suivie de palpitations cardiaques, de sueurs et de frissons. Les épisodes peuvent être rares ou plus fréquents, et ne durent en général pas plus de quelques minutes. Survenant surtout la nuit, ces bouffées de chaleur peuvent s’accompagner d’une forte transpiration et être à l’origine de troubles du sommeil ;

    • des sueurs nocturnes ;

    • une sécheresse vulvovaginale, pouvant être à l’origine de troubles sexuels : la lubrification vaginale diminue, les parois vaginales s’amincissent et perdent de leur élasticité ;

    • des troubles urinaires : infections fréquentes, perte de tonus des muscles du périnée provoquant incontinence et fuites urinaires, envies fréquentes d’uriner, prolapsus génito-urinaire… ;

    • des maux de tête, des douleurs articulaires ;

    • un surpoids ;

    • une sécheresse cutanée, une chute de cheveux ou une pilosité excessive ;

    • des insomnies, une fatigue ;

    • une anxiété, une irritabilité, des sautes d’humeur.

    Plus ou moins durables, ces symptômes sont provoqués par la diminution de certaines hormones (estrogènes et progestérone). Mais cette carence hormonale peut également être à l’origine de l’apparition de certaines pathologies et troubles de santé plus graves.

    Quels risques sur le long terme ?

    Certaines hormones (les œstrogènes notamment) ont un rôle protecteur et interviennent à différents niveaux de l’organisme (sur les os, les vaisseaux sanguins et le cœur, les muscles, la peau…).


    La ménopause - et la diminution ou disparition de ces hormones - peut ainsi être à l’origine de plusieurs problèmes de santé :

    • une ostéoporose : le risque de développer cette maladie augmente une fois la ménopause installée (une femme ménopausée sur quatre souffre d’ostéoporose). L’organisme a des difficultés à produire du tissu osseux et la déminéralisation osseuse s’accélère. Le risque de fracture est plus élevé (fracture du poignet, du col du fémur…) ;

    • des maladies cardiovasculaires : les œstrogènes exercent un rôle protecteur sur les artères. Lorsque la ménopause s’installe, le risque cardiovasculaire augmente (notamment en cas de surpoids ou de tabagisme).

    Quels sont les traitements de la ménopause ?

    Le diagnostic de la ménopause est confirmé après l’absence de règles pendant 12 mois, chez la femme d’environ 50 ans. Si la femme est plus jeune ou en cas de doutes, le médecin peut parfois avoir recours à un test hormonal. Plusieurs traitements peuvent ensuite être mis en place, pour soulager les symptômes gênants de la ménopause, et limiter le risque de développer certaines maladies. Alors quel est le meilleur traitement pour la ménopause ?

    L’adoption d’une bonne hygiène de vie

    Adoptées au quotidien, plusieurs mesures simples permettent aux femmes de mieux vivre leur ménopause (et de se maintenir en bonne santé, de manière générale) :

    • manger de manière équilibrée, privilégier les aliments sains (éviter les aliments industriels), éviter les aliments épicés et les plats très chauds (pour limiter les épisodes de bouffées de chaleur), boire suffisamment d’eau. Privilégier les aliments riches en calcium et en vitamine D, et limiter sa consommation d’alcool ;

    • faire du sport de manière régulière, pratiquer des activités de relaxation (yoga, méditation, stretching…), préférer les escaliers à l’ascenseur, marcher une trentaine de minutes plusieurs fois par semaine… Le sport aide à limiter la prise de poids, et à réduire le risque cardio-vasculaire et le risque d’ostéoporose ;

    • prendre soin de son corps : se faire masser, hydrater sa peau… ;

    • arrêter de fumer.

    Le THS, ou traitement hormonal substitutif

    Pour limiter les symptômes provoqués par le déficit en estrogènes, le médecin peut avoir recours à un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause. Il permet de diminuer les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale, et de prévenir la perte osseuse et l’ostéoporose.
    La prescription de ce type de traitement dépend de l’intensité des symptômes et de leur impact sur la vie quotidienne de la femme. Il est souvent privilégié en cas de ménopause précoce (avant 40 ans), et en l’absence de contre-indications (antécédent de cancer du sein ou de l’utérus, de maladie cardio-vasculaire ou d’AVC, par exemple).


    Le THS associe en général :

    • un estrogène : il agit notamment sur les bouffées de chaleur et prévient l’ostéoporose. Il s’agit d’un estrogène naturel : l’estradiol est administré par voie percutanée ou transdermique (patch). Ce mode d’administration permet d’éviter le risque de phlébite et d’embolie pulmonaire ;

    • un progestatif (sauf si la patiente a subi une hystérectomie) : la progestérone naturelle permet de diminuer le risque du cancer de l’utérus. Pris par voie orale, le traitement peut n’être pris que quelques jours par mois.

    Ce traitement de la ménopause est administré dès que le diagnostic est confirmé. Il est utilisé à la plus faible dose efficace, jusqu’à disparition des symptômes (entre 2 à 3 ans en général : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/traitements).


    Le THM peut augmenter le risque de développer un cancer du sein, de l’endomètre ou de l’ovaire. Il peut également provoquer un AVC ou une thrombose veineuse. Les femmes qui suivent ce type de traitement doivent donc faire l’objet d’une surveillance régulière (bilan sanguin et examen complet, au moins une fois par an).

    Les autres traitements

    D’autres types de traitements peuvent être prescrits pour soulager les symptômes de la ménopause ou prévenir ses conséquences :

    • des hydratants ou des lubrifiants vaginaux, pour améliorer le confort sexuel ;

    • un traitement non hormonal (béta-alanine), pour soulager les bouffées de chaleur ;

    • un apport quotidien en calcium et en vitamine D, pour réduire le risque d’ostéoporose (ou un traitement médicamenteux spécifique, en cas de haut risque de fracture) ;

    • un traitement spécifique en cas de trouble cardiovasculaire (hypertension artérielle, hypercholestérolémie…).

    Les traitements naturels

    Certains troubles de la ménopause (fatigue, perte de libido, prise de poids, douleurs articulaires ou sueurs nocturnes) peuvent aussi être soulagés à l’aide de certains compléments alimentaires et traitements naturels. Ils permettent de stimuler ou de remplacer la production d’hormones sexuelles. Avant d’avoir recours à ce type de traitement, il est indispensable de consulter son médecin. En cas de doutes, demandez toujours conseil à votre pharmacien.


    Les compléments alimentaires peuvent contenir :

    • des isoflavones : les isoflavones sont des phytoœstrogènes (ou estrogènes végétaux). On en trouve notamment dans le soja. Certaines plantes (trèfle rouge, actée à grappes noires) contiennent des lignanes, un autre type de phytoœstrogènes. Les graines de lin et le houblon semblent également avoir des effets positifs sur les symptômes de la ménopause. Ces substances naturelles sont néanmoins moins efficaces que les estrogènes de synthèse ;

    • de la DHEA : hormone naturelle, la DHEA peut être prise sous forme de comprimés ou de gélules. La prise de ce traitement naturel pourrait stimuler la production d’estrogènes et soulager certains symptômes de la ménopause ;

    • du calcium (sous forme d’aliments ou de suppléments alimentaires).


    Aujourd’hui, aucune preuve clinique ne permet de confirmer l’efficacité des compléments alimentaires à base d’acides gras riches en oméga-3 d’origine marine (endophospholipides), ou des compléments alimentaires à base de gelée royale.



    Sources :

    https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/traitements

    https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/symptomes-diagnostic

    https://www.vidal.fr/maladies/sexualite-contraception/menopause.html

    https://www.vidal.fr/maladies/sexualite-contraception/menopause/que-faire.html

    https://www.vidal.fr/maladies/sexualite-contraception/menopause/complements-alimentaires.html

    https://www.vidal.fr/maladies/sexualite-contraception/menopause/phytotherapie-plantes.html

    https://www.vidal.fr/maladies/sexualite-contraception/menopause/traitement-hormonal-substitution.html

    https://www.msdmanuals.com/fr/professional/gynécologie-et-obstétrique/ménopause/ménopause?query=périménopause

    https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/menopause

    La ménopause : quels traitements existent ?

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