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Les solutions dépolluantes de demain

Publié le 28 mai 2019 — 4 Min de lecture

SOMMAIRE

    La pollution que nous générons nuit à notre écosystème et a un impact indéniable sur notre santé. Or, on pourrait craindre que ce phénomène s’aggrave encore dans les décennies à venir. En cause ? Une population mondiale en constante augmentation. La pollution ne connaît pas les frontières. On comprend dès lors pourquoi il est primordial d’agir. Reste à savoir comment s’y prendre...

    Des difficultés de taille

    Plus facile à dire qu’à faire... L’utilisation des pesticides en est un bon exemple. « Différentes pistes sont étudiées pour tenter de diminuer l’exposition à ces produits », explique Stéphane Mortaud, chercheur CNRS en biologie à l’Université d’Orléans. « On a par exemple tenté d’enrober directement la graine à planter avec des produits phytosanitaires pour éviter les pulvérisations ultérieures. Mais des traces de pesticides restent toujours présentes dans les céréales. » Peu de solutions semblent prometteuses à ce jour. Sans compter que d’autres problèmes se posent : la terre elle-même est par exemple parfois encore contaminée par des pesticides utilisés plusieurs années auparavant.

    Quant à se passer des pesticides purement et simplement ? « Vu l’échelle à laquelle ils sont actuellement utilisés, cela paraît malheureusement difficile dans l’immédiat. »

    De premiers succès

    En matière de lutte contre la pollution, le tableau n’est bien entendu pas toujours aussi noir. Loin de là ! « Grâce aux réglementations, aux pots catalytiques et aux filtres à particules, les moyens de transport sont par exemple bien moins polluants aujourd’hui », souligne le Dr Christian George, chercheur au CNRS à l’IRCELYON, l’Institut de Recherches sur la Catalyse et l'Environnement de Lyon. « Un véhicule Diesel récent équipé d’un FAP (filtre à particules) n’émet d’ailleurs presque plus de suies, même si les moyens de transport émettent toujours des polluants. »

    Des façades dépolluantes

    Et ce n’est pas tout ! Des pistes prometteuses permettront sans doute demain de dépolluer encore un peu plus l’air de nos villes. « Certains matériaux aux propriétés photocatalytiques peuvent par exemple agir comme des éponges et détruire les polluants qu’ils absorbent », explique le Dr Christian George. Verra-t-on fleurir demain sur le bord de nos routes des panneaux fabriqués à l’aide de ces matériaux ? « Il s’agirait plutôt de les utiliser lors de la rénovation de bâtiments, en repeignant sa maison avec une peinture photocatalytique par exemple. De tels matériaux pourraient également être utilisés lors de la construction d’un nouveau bâtiment. »

    Le mal à la racine

    Mais outre les solutions dépolluantes, un environnement plus sain passe bien évidemment par la prévention. « Le chauffage au bois constitue par exemple dans les centres urbains l’une des principales sources de pollution », explique le Dr Christian George. « Or, assurer une bonne combustion permet de limiter l’émission de polluants. Un label Flamme verte est par exemple à l’étude pour signaler les poêles à bois qui offrent les meilleures conditions de flambées et sont donc moins polluants. »

    Voitures électriques, énergies vertes, moyens de transport alternatifs..., dépolluer n’est pas tout. Un environnement plus sain demain exigera sans doute que nous repensions nos modes de vie.

    Des toits en fleurs

    Fleurir les toits contre la pollution ? Les toitures végétalisées permettraient de diminuer le volume sonore de 2 à 5 décibels (*) à l’intérieur du bâtiment. De plus, en retenant 40 à 60 % des eaux de pluie (*), elles les empêcheraient également de ruisseler sur les surfaces et de se charger en métaux lourds et en hydrocarbures avant de gagner les égouts...

    (*) dossier CNRS sagascience

    Des voitures sonores mais pas trop

    Une voiture qui n’est pas entendue devient complètement transparente aux oreilles des usagers de la route, ce qui peut s’avérer dangereux. Des chercheurs de l’IRCAM travaillent donc à donner une signature sonore aux voitures électriques – qui sont normalement silencieuses. « Nous essayons de leur donner une voix mais sans qu’elles ne crient », explique Nicolas Misdariis, chargé de recherche dans l'Unité mixte de recherche Ircam-CNRS-UPMC. Comment ? « En analysant le spectre sonore urbain, nous essayons d’y trouver une plage de fréquence libre que la voiture pourrait utiliser pour se faire entendre sans saturer son environnement sonore... » Comme on chercherait de l’espace sur une photo pour y placer un nouveau personnage en quelque sorte.

    Merci à Stéphane Mortaud, chercheur CNRS en biologie, spécialisé dans la neurotoxicité liée aux pesticides à l’Université d’Orléans, à Nicolas Misdariis, chargé de recherche dans l'UMR Ircam-CNRS-UPMC, et au Dr Christian George, chercheur CNRS à l’IRCELYON, l’Institut de Recherches sur la Catalyse et l'Environnement de Lyon.

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